GOZEN

« Tomoe, par la blancheur de son teint, par sa longue chevelure, par ses traits réguliers, était en vérité la plus belle. D’une force et d’une adresse rares à l’arc, que ce fût à cheval, que ce fût à pied, le sabre à la main, c’était une guerrière capable d’affronter démons ou dieux et qui seule valait mille hommes. Experte à monter les chevaux les plus fougueux, à dévaler la pente la plus raide, dès que l’on parlait bataille, vêtue d’une lourde armure aux plaques serrées, le grand sabre et l’arc puissant à la main, elle apparaissait à l’ennemi comme un capitaine de premier rang. Elle avait accompli de si brillants exploits que nul ne l’égalait. Et c’est ainsi que cette fois encore, quand tant de gens avaient battu en retraite ou s’étaient enfuis, Tomoe était des sept cavaliers qui n’avaient pas été frappés. »